Exposition 展覽

 

An Exhibition with Loris Gréaud and Arnaud Michniak, by Mathieu Copeland
14 to 27 May 2007
12 noon to 8 pm (15 - 26 May)
12  noon to 3 pm (27 May)
Hong Kong City Hall, Exhibition Hall

Texte : Mathieu Copeland

 

Une exposition de Mathieu Copeland
avec Loris Gréaud et Arnaud Michniak

一個細味虛象的展覽

L'exposition apparaît comme un moment gelé dans le temps. Un lieu où les spectateurs célèbrent constamment le vernissage d'une exposition dans une galerie dont la taille se réduit graduellement, et qui en retour réduit la vue sur la ville.

Le premier mouvement de l'exposition prend la forme d'un DVD, qui en devient son catalogue. Largement diffusé, celui-ci présente deux films commissionnés à Loris Gréaud et Arnaud Michniak, tous deux filmés à Hong Kong. Le court film de Loris Gréaud, Celador, un goût d'illusion est une publicité pour un bonbon au goût d'illusion. Ce projet utopique utilise le cadre de l'exposition/publication pour réaliser une publicité d'un produit impossible à décrire, de l'absence d'un goût où l'illusion de sa saveur ne se crée que mentalement. Ceci devient le point de départ d'une œuvre vidéo qui cherche à décrire une impossibilité. Un interlude illusoire d'une exposition, en somme un outil de communication sans contenu ni saveur, si ce n'est son existence même. Ce film utilise la matière cinématographique et la force de production des publicités asiatiques, réalisé par une agence de publicité de Hong Kong et offre, tout comme son sujet, un goût d'illusion, l'illusion d'un goût, un film commercial qui devient du « bon » art conceptuel, c'est-à-dire qui en a le goût.

Le film d'Arnaud Michniak Prise de son dans un hôpital se concentre sur des mouvements arrêtés au sein d'une ville en mouvement constant. Ce court-métrage tourné en 16mm à Hong Kong, pose entre autres et bien indirectement, la question de la personne dans une mégalopole contemporaine. Se concentrant sur l'idée de l'arrêt dans un monde schizophrène et paranoïaque, ce film met en scène des séries de personnes sans motions dans un environnement en motion continue, des séries d'attente. Des personnes arrêtées dans le tissu urbain de Hong Kong, l'arrêt d'un système sans communication possible par un étranger absent, l'attente d'un retour improbable… Dans ce film la caméra s'intègre à la ville pour mieux affirmer la distance entre l'objet filmé et l'environnement qu'il vient, temporairement, perturber. Bien plus qu'une histoire, ce film nous raconte un sentiment, une idée.

L'exposition au Hong Kong City Hall apparaît comme minimale, sinon vide. Les films réalisés pour l'exposition y sont présentés de manière sporadique. Notre expérience dans la galerie n'est finalement que ce que l'on nous dit de ces œuvres. Sur divers écrans, les acteurs racontent leurs expériences, et cherchent à nous décrire ce qu'ils savent d'un film qui insiste sur son absence d'histoire linéaire, des entretiens entrecoupés par la publicité, et la diffusion du film qu'ils cherchent justement à décrire. Ici, tout demeure, mais rien ne reste. Le seul élément de l'exposition qui évolue est, de manière paradoxale, l'espace lui-même. L'art est simplement tout ce qui est autre. A chaque visite, le spectateur se trouve confronté au paradoxe de l'exposition d'un moment de temps se répétant constamment, alors que chaque jour l'espace d'exposition se réduit. Une exposition se révélant graduellement où il est nécessaire d'en faire l'expérience dans sa globalité.

Si l'exposition s'articule entre un ouvrage (un DVD) & son incarnation dans un lieu (une exposition), ce projet s'inscrit premièrement dans le désir d'intégrer ces deux œuvres dans une collection existante d'un label. S'insérant dans une ligne éditoriale unique & précise, l'inscription dans une collection étrangère à ce qui l'a vu originellement être, affirme la réalité d'un ouvrage appartenant à plusieurs environnements. En somme un objet qui assume entièrement son unicité.

Ainsi, la question se pose quant aux « lieux » de l'exposition. Un projet curatorial à part entière soulevant entre autres une interrogation sur la compréhension de l'exposition en elle-même : Si la création appartient au champ cinématographique et muséale, l'exposition elle-même se situe autant au niveau de son contenu que dans la création d'un objet dont l'identité est indéfinie. Il devient alors évident que le lieu de l'exposition n'est ni la publication, ni sa spatialisation au Hong Kong City Hall. L'exposition se trouve, à défaut de toutes autres réalités, dans la compréhension que l'on s'en fait.  

覽就像處於時間停頓的一刻。在展覽廳內,不斷有參觀者慶祝展覽會的開幕,展覽廳的空間漸漸縮小,從而收窄城市的景觀。展覽的前奏活動是廣泛發行一隻作編目用途的電影光碟。這光碟收錄了 Loris Gréaud 和 Arnaud Michniak 被委托在香港拍攝的兩部短片。

Loris Gréaud 拍攝的短片《 Celador, un goût d'illusion 》是介紹一種味道虛象的糖果之廣告片。這個非現實的計劃利用這展覽和出版光碟來實踐一個廣告的製作,這廣告是推廣一種無法形容,沒有味道或者是滋味只來自心理的虛象感覺。這短片成為嘗試描寫絕不可能的一個錄象作品的起點,是展覽會其中一段虛假的插曲,總而言之,除了影片本身,它是一種既沒有內容也沒味道的宣傳工具。這廣告短片由香港的一家廣告公司製作,並正如它的主題,提供一種虛象的味道,讓大家細味虛象。

Arnaud Michniak 拍攝的短片《給醫院的聲帶》 (Prise de son dans un hôpital) 主要是在無限動感的城市中把瞬間留住。這部以十六米厘在香港拍攝的短片以間接的方式讓我們思考人在人口稠密的現代大都市中生活的問題 , 主要是思考被困在一個精神分裂和妄想的世界的問題。片中出現一連串的人物在充滿動感的環境中完全靜止不動 , 是一連串的等待。一些滯留在香港都市結構中的人 ……

在香港大會堂舉行的展覽會雖不至於空蕩蕩,但也極為簡約。展覽期間會間歇性地播放這兩部短片。在展場中我們的體驗最終亦只是聽別人講述這些作品。在不同的屏幕上,那些有份參與演出的演員各自講述拍攝時的經驗,嘗試向我們描述一部故事沒有連貫性的影片中他們所知到的部份。這些訪間中會被中斷,播放那支廣告片以及那部他們正好描述中的電影的片段。這樣,一切得以保留,但卻甚麼也沒有留下。矛盾地,整個展覽唯一不斷演變的元素反而是空間本身,其他一切都是藝術。因為展覽的空間每一天會縮細一點。   

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Dernière mise à jour : le 8 mai 2007