Arts visuels 視覺藝術

Texte : Frank Vigneron
Traduction : Wong Yan Tak
  Les petites histoire de Yim Sui Fong
嚴瑞芳的小故事

 
 
• Performance Histoire 1a vendre

Je pourrais vous parler du « tournant social » dans les arts, « d’esthétique relationnelle » et « d’art dialogique », exactement comme Yim Sui fong l’a fait dans son excellente thèse pour une maîtrise d’art plastique. Mais aujourd’hui, je vais laisser la parole à la plasticienne qui vous expliquera ce qu’elle a essayé de faire. Les textes suivants viennent d’un livre illustré qui faisait partie de l’installation faite en 2011.

Histoires à vendre
Mon intérêt pour les passerelles est semblable à mon intérêt pour les êtres humains : il est relié aux notions de « se rencontrer » et de « manquer » les autres.
Ici, les passerelles sont des métaphores : elles sont conçues de façon à ce que les gens se déplacent continuellement sur des lignes parallèles dans les airs. C’est exactement ainsi que sont les souvenirs : flottant quelquefois, et toujours s’entrecroisant entre le rappel et l’oubli.

J’ai choisi le rôle d’un acheteur d’appareils électroniques usagés, présentant un panneau aux passants sur les passerelles. Cela commence par un numéro de téléphone, le moment où le téléphone sonne. A la fin, cela ne concerne probablement ni la curiosité ni l’argent – c’est au travers de ces histoires que nos souvenirs parviennent à atteindre la réponse et l’attention de quelqu’un d’autre.
Un voyage alimenté par l’écoute et la narration – voilà ce que c’est.

Histoire
Elles peuvent être collectionnées ? Quelles histoires ? Pour quoi faire ?
Mon histoire ? Leurs premières questions : les choses qu’ils veulent savoir. Je dis : je veux écouter votre histoire. C’est pour faire de l’art. Cela les rendait encore plus désorientés : plus l’intention est simple et plus anormale elle semblera.
Ne croyez pas que Yim Sui fong se satisfasse de l’histoire des autres, elle a ce sérieux qui lui permet de ne pas jouer le rôle du voyeur. En réalité, ses histoires à elles, ses histoires les plus privées, nous furent aussi données dans une installation faite un an auparavant et intitulée Les restes. En voici quelques photos et quelques textes :

• Installation Les restes

Papa et maman étaient séparés et partis depuis déjà bien longtemps. Leur disparition avait vidé mon esprit depuis très longtemps. Combien mesuraient-ils ? Comment s’étaient-ils rencontrés ? Est-ce qu’ils s’étaient aimés ? Des souvenirs limités sont bien plus désespérants qu’une dépression chronique. Voilà pourquoi j’ai toujours gardé une certaine distance avec les objets qu’ils avaient laissés, objets conservés chez moi dans un coin. Ils représentent un tabou émotionnel entre mes frères et sœurs, mais ils ne nous donnent aucun indice. Aujourd’hui, dix ans plus tard, j’ai finalement ouvert les boîtes. Il ne reste plus que de la moisissure et des vêtements à l’odeur forte et à l’apparence délavée.

Ces objets dont on ne s’est jamais occupé, comme un sentiment suspendu dans l’espace, ont toujours existé bien que nous ne les ayons jamais confrontés. Ce sentiment est toujours demeuré une contradiction. Quand je tiens dans la main une pièce de monnaie qui fut jadis dans la poche de mon père, je me souviens qu’il se tenait debout autrefois, marchant de la même façon, vivant de la même façon. Le temps et l’espace s’emmêlent, la pièce gravée du visage d’Élisabeth se trouvait dans sa main comme elle se trouve dans la mienne. Fort peu de distance et ce sentiment « d’être ensemble » longtemps oublié.

Tout comme la distance révélée entre mes parents par la façon dont ils se frôlent sur cette photo, les nombreux regrets qui existaient entre eux, je veux mettre à nouveau en ordre leurs objets pour qu’ils deviennent une cérémonie «d’être ensemble».

On le savait bien depuis Sophie Calle, mais que personne n’ose dire que « l’art conceptuel » (mais quel art ne l’est pas ?) est sec.

 

 

 





  可以和你談論藝術的「社會轉折」。「關係美學」及「對話藝術」等這些話題,就像嚴瑞芳在她的造型藝術碩士論文裡所做的那樣。我會在另一篇用英文寫的文章裡談論這些,我覺得這忒有意思。今天,我且讓這位女藝術家向大家暢談一下她試圖做的一切。以下的引文摘自一本有插圖的書,是她2011年製作的一件裝置藝術作品的構成部份。

收買故事
我對橋的興趣正如對人的興趣一樣,在於它總是有相遇或錯過的特質。
天橋這裡是一個比喻,它的設計令人們不斷在天上的平行線上來回,好似人的記憶有時有點虛浮,又交替的回想和失去。
我選擇了一個收買佬的角色,在橋上以廣告向陌生人發出一個訊號。由一個電話號碼開始,鈴聲響起。最後可能跟好奇和金錢無關,透過這些故事,卻發現記憶更渴望得到對方的回應和關注。
這是一個聽和說的歷程,就是這樣而已。

PART 1- 不由自主的反應
電話
只是「一個電話號碼」都好像揭開了一個私人空間。小小的雜音,也叫我神經緊張,從來沒有對每一下電話聲都這般敏感。即使接通以後,要打開嗓門,都好像要很大力氣。雖然,其實,最多時是接通了,「喂」一聲就CUT了線。這種想被尋找,又怕被尋見的矛盾…… 其實我也有城市人的質地。

故事
可以收買的嗎?甚麼history?是幹甚麼的? ……都是他們第一條問題,他們想知的事。我說我想聽關於你的事,用於做創作的。這樣,有時會使你們很疑惑,目的太簡單,反而顯得有點不正常。

不要以為嚴瑞芳只滿足於別人的故事,她非常嚴肅,決不扮演偷窺者的角色。事實上,她自己的故事,她最私隱的故事,之前在她的一個題作《還剩下的》裝置藝術裡已向眾人展示。這裡選幾張有關照片和幾段文字以饗讀者。

《還剩下的》
爸媽的確分開又離開了很久。他們的消失讓我的腦海空白了很長的一段時間。我最茫然的是對他們只有有限的了解。他們有多高?他們怎樣相識?他們相愛嗎?有限的記憶比週期性的懷念更為無奈。所以,一直以來,我保持着距離地看待封存於屋角一箱箱的遺物,這是兄弟姊妹間的情緒禁忌,不是原因,也不是答案。十年後的今天,我終於把箱子翻開整理,發覺原來只剩下霉菌和衣服,很刺鼻、很蒼白。

這些未處理好的物件,就好像一份感情懸空着,永遠存在但又不想見面,感覺總存着矛盾。

當手持爸爸口袋的錢幣時,記起他曾經站立、一樣的走路、一樣的生活。時空交錯,刻在錢幣上的伊利莎白在他掌心也在我的掌心。距離很近,是久違了「一起」的感覺。

如照片中擦身而過所揭發的距離,他們之間的遺憾很多,我要把父母的物件重新組合,成為「一起」的紀念儀式。

想找一幀全家福,卻只找到一張媽媽摟着我們,而爸爸剛好經過的快拍。那時候四姊弟中的小弟弟還沒出世。一下不經意的按動,成就了1985年為時一年的全家福。往後我們都不曾拍攝過。原來,關係見證於偶然間。在一張 3½"x5" 的相框中,不可說明的偶遇和距離,是一生一世,又瞬間即逝。

其實自Sophie Calle以來,人們已明瞭這點。但沒有人敢說觀念藝術是枯燥無味的(其實哪種藝術不是枯燥的呢 ?)